Cosmopolitis, le site du séminaire de Comberouger

Bonjour, ce site est consacré aux débats sur les thèmes du cosmopolitisme contemporain ou de la « société-monde », tels qu’ils sont organisés autour du séminaire résidentiel de Comberouger, (CNRS-EHESS-Université de Toulouse-Le Mirail) et animés par Denis Duclos (DR CNRS, Centre d’anthropologie sociale-LISST).

Il est accessible sans restriction aux participants du séminaire ou les invités, auxquels sont adressés l’identifiant et le mot de passe. Ils peuvent rédiger des articles comme ils l’entendent, ce qui contraint, en revanche de subir les commentaires amicaux d’autres participants. Les commentaires du public sont aussi acceptés au terme d’un filtrage visant à écarter les « Trolls »(intervenants non amicaux).

DD.

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introduction à la discussion

Séminaire :

 « La société-monde est-elle possible ? »

CAS-LISST/CNRS/EHESS/Association « Entreprendre et Comprendre »/SGAP.

Lieu dit « Les Begués », 82600 Comberouger, 27-30 juin 2011

Argument du débat :

 

(Quelques remarques pour introduire le séminaire de Comberouger -27-30 Juin 2011-)

 

Denis Duclos

 

La question soulevée en titre est ambiguë. A dessein. Elle permet de « faire trembler » un peu nos approches trop convaincues ou trop responsables. De créer un petit espace d’hésitation et donc de recherche.

L’interrogation renvoie déjà à au moins deux problèmes différents : la société-monde est-elle physiquement réalisable ?  Est-elle supportable ?

Ces deux problèmes ont un point de convergence –par exemple au moment où une réalisation effective de la société-monde s’avérerait  physiquement supportable un certain temps-  mais ils bifurquent et arborescent rapidement puisque la réalisation effective peut être la condition d’une « insupportabilité» grandissante dans un avenir plus lointain.

Mais n’a-t-on pas démarré trop tôt en croyant saisir d’emblée le sens de l’expression : « société-monde » ?  On sera dès lors contraint d’y revenir et de distinguer au moins deux acceptions :

-une société mondialisée, qui existerait soit à côté soit au dessus (ou peut-être au dessous) des autres sociétés. Une société néanmoins unitaire et unicitaire par définition.

-une société qui fasse monde pour ses membres ; qui, éventuellement, remplace le monde ou l’artificialise au point où société et monde seraient la même réalité pour les êtres humains.

Le questionnement, alors se dédouble : la société mondiale est-elle possible, mais pas la société-monde ?  Ou l’inverse ? L’une est-elle supportable et l’autre pas ?

Je crois, personnellement, qu’une société mondiale est possible, qu’elle existe de plus en plus, et de façon différente des mondialités précédentes, bien qu’il faille préciser comment , avec quels indices de réalité ici ou là.

 Je crois aussi qu’elle ne peut exister sans faire monde pour ses membres, et que, ce faisant, ces membres deviennent aussi ses « habitants ».

Tout ceci est matière à discussion. Mais ce qui la pimente, c’est la façon dont on répond alors au second versant sémantique : est-elle supportable ? Eventuellement à quelles conditions ?

Pour ouvrir le débat de façon à permettre un approfondissement, j’abats d’emblée ma carte principale :

Je suis convaincu que la société mondiale (société des nations réalisée comme Etat international), nécessairement vouée à devenir société-monde, sera –et est déjà- insupportable pour ses membres-habitants, et ceci en dehors de toute considération économique, technologique, écologique ou de population.

Il me semblerait utile de parvenir à mieux isoler cet aspect d’une intolérabilité de l’universalité réalisée et changée en totalité –ses membres devenant logiquement ses parties-, indépendamment des discours –très légitimes- de plainte et de récusation de son contexte matériel. En effet, là réside d’après moi le problème le plus difficile, et donc le plus intéressant.

La tonalité eschatologique que l’on sent à l’œuvre comme une vague de fond –au moins en Occident-ne s’explique-t-elle pas  (au-delà de toutes sortes de prétextes) par la seule idée répulsive selon laquelle  nous atteignons au présent une limite et un accomplissement ? Peut-être Jean Pierre Albert peut-il nous éclairer, à partir d’exemples du passé ? Mais alors au fond, pourquoi est-ce que le malaise dans la civilisation nous apparaît devoir s’amplifier avec une société enfin  universelle, unique et unitaire ?

Je ne laisserai surtout pas nos psychiatres et psychanalystes (venus d’horizons aussi distants que la Chine intellectuelle, l’Afrique vicinogène et l’Occitanie apicultrice) répondre immédiatement à cette énigme,  à la place des autres –névrosés de base-. Peut-être sont-ils d’ailleurs aussi perplexes sur la chose que nos anthropologues-chamanes, urbanistes-cabalistes, technophilosophes, anthropo-théologiens, ou sociosophes –maussiens ou non- (accourus ici du pays maya, d’Istambul, de New-Delhi, de Mombay, de Douala, de New York ou de Jérusalem, voire… de Paris, de Carcassonne ou de Toulouse) !

J’essayerais plutôt auparavant de discerner quelques éléments positifs difficilement contestables (selon moi) :

-Dans une société sans « ailleurs » (puisque la tendance est que les Etats-nations deviennent peu à peu des arrondissements d’application de la même loi pour tous), la pensée dominante ne peut, à terme,  être contestée que par la délinquance ou le symptôme. Toute tentative de « se couper», de faire dissidence (même conviviale), est à terme médicalisable/criminalisable comme « orientation sectaire », ou simplement réprimable au nom de la force majoritaire.

-Or, l’unicité et l’unité du fait social mondial imposant –par simple effet de physique sociale- la construction d’un système unique et unitaire de prestations réciproques, la capacité de choisir son mode collectif de vie et de production s’affaiblit en proportion du progrès de cette construction.

-L’impression d’être saisis, pris, piégés dans la même destinée planétaire sans pouvoir faire acte de choix conséquent –ni comme communautés, ni comme peuples- peut donc grandir et se diffuser, se propager –selon des rythmes certes différents- à des catégories diverses de gens. De sorte que la question –ancienne s’il en fût- de la liberté serait reposée aux êtres humains, en des  termes plus aigüs et plus insolubles que jamais.

-Certes, cette question de la liberté –supposée anthropologiquement aussi fondamentale que la propension démocratique selon Jean Baechler  - se poserait dans des conditions très variées : et Niels Beckenbach, dans sa note à valeur préventive, a raison de nous dire que les tribus kényannes en guerre, les peuples du « printemps arabe », ou les technosociétés européennes ou asiatiques ne peuvent se représenter les choses du monde de la même façon. En revanche, je serais en désaccord avec l’idée implicite que chacune de ces grandes sphères de questions représenterait chacune un palier dans le processus de civilisation vers la « hoch kultur ».  Je crois, bien au contraire, que se manifestent dans ces trois groupes, une même aspiration à voir respecter une spécificité et une autonomie dans les façons de vivre, et que la réponse à cette aspirationne passe pas automatiquement par le passage au « palier supérieur », en dépit de drames et de massacres éprouvants, dont l’horreur est d’ailleurs probablement imputable en partie  à des effets de rétroaction de la mondialisation sur les cultures « locales ».

Je ne cherche pas ici à défendre les « traditions » contre une « modernité », fût-ce cette dernière résolument « autre » (selon les termes d’Ulrich Beck ou de Niels Beckenbach) que celle du rouleau compresseur mondialitaire, car je ne récuse pas la modernité en soi. Je souhaiterais seulement qu’on prenne en considération qu’au travers de résistances et des convulsions conflictuelles parfois tragiques, on peut entendre l’écho d’autre chose :  quoi ?

Eh bien par exemple, que les notions de communauté et de peuple peuvent demeurer attirantes parce qu’elles incluent la liberté de choix collectif pour un groupe limité, et souverain à la surface d’un monde où ils en rencontrent d’autres. Il est très possible que la revendication de préserver ces idées au plan des Etats-Nations se révèle une impossibilité logique (comme le remarque John Rawls), parce que ces « entités » sont des sociétés et non plus des communautés –ni même des peuples-. Mais il est aussi possible qu’alors, peuple et communauté se transposent désormais dans de nouveaux domaines, comme celui de la nature, celui de la culture, ou celui des convivialités et des vicinités.

Peut-être –pour provoquer un peu- qu’un « peuple français » (pourtant encore légalement source de pouvoir légitime),  qu’un « peuple israélien »  ou qu’une « nation indienne » ne seront bientôt plus possibles parce qu’ils seront devenus  des « sociétés » ; mais cela empêchera-t-il que se constituent demain un « peuple de la nature », ou un « peuple de la culture », lesquels n’accepteraient alors de « faire société », qu’à condition de ne pas se fondre dans la même société-monde ?

Peut-être que demain, l’ouma –dont l’érudite mme Picaudou nous dit qu’elle oscille entre communauté des croyants et nation- se fera-t-elle plus discrète –du Maroc à l’Indonésie- en fond de démocraties allégées de leurs potentats multi-décennaux. Mais cela empêchera-t-il des communautés de personnes intéressées à la production concrète de leur vie dans la beauté du monde (comme le dit joliment le cévenol Pierre Rabhi) de se former –sans pour autant oublier l’humanité dont elles font partie- ?

Pour le dire autrement : qu’est-ce qui empêche les êtres humains de reprendre les sémantèmes de l’identité choisie comme indice de liberté, pour les faire transiter et les appliquer à la contestation directe de la société-monde… ou à sa réalisation critique et dialectique ?

Et pour finir, on me permettra une question plus directe à Alain Caillé, dont l’intervention inaugurera nos travaux agrestes : imaginons que la société conviviale puisse se construire en dépassant l’utilitarisme productiviste mortifère, une condition pour sa réussite ne serait-elle pas –paradoxalement- qu’elle ne s’applique qu’à l’une des façons d’occuper le monde, sans chercher nécessairement à le sauver ?  Je veux dire que –s’il est plausible que nous ne pourrons jamais convaincre tous les êtres humains de préférer la convivialité à l’utilitarisme- il est peut-être préférable de proposer d’emblée la première comme concernant seulement un « peuple convivial » et son territoire propre et pas tous les humains… Ce qui aurait aussi pour avantage de ne pas attendre d’être majoritaires, mais de commencer tout de suite à construire ce peuple ou cette communauté parmi d’autres.

Question qui n’est absolument pas tactique si l’on admet qu’en fin de compte seule la pluralité des façons d’être collectives peut compenser ou soigner le caractère insupportable d’une société-monde.

Denis Duclos

PS 1: Djallal me demande si je suis sûr que des grenouilles reinettes vivent dans ma piscine, ce qui contribuerait au niveau académique de notre rencontre. Aux dernières nouvelles, oui, ainsi que des salamandres. Peut-être devront-elles émigrer temporairement vers la mare, si nous voulons faire trempette ! (Un peu de sel pour les convaincre, mais pas de chlore !!!)

PS 2 : si mon introduction suscite en vous une envie de démarrer le débat avant le 27 juin, ne vous gênez surtout  pas ! (la liste des emails est normalement sur chaque mail, sinon je peux constituer une sorte de forum.)

 

 

 

Programme :

 

Journée 1 (le Lundi 27 Juin 2012)

Matinée, Denis Duclos : au-delà de la société du risque, la planète Pluralité.  (discutants : Michel Boccara ; Fabrice Flipo).

Après-midi (partie 1), Alain Caillé : l’anthropologie et la préservation du monde (discutants : Jean Pierre Albert,  Denis Duclos)

Après-midi (Partie 2),  Alexandre Duclos : les mondes communs (discutant: Benjamin Fernandez, Djallal Heuzé)   

Soirée : Régis Airault : psychiatrie tropicale, psychiatrie mondiale…  (discutante :  Mme Berthe Lolo)

Journée 2 (le Mardi 28 Juin)

Matinée,  Fabrice Flipo : la société-monde : de l’organisation du travail à l’habiter socio-politique (discutant : Yoann Morvan, Benjamin Fernandez)

Après-Midi,  Jean Pierre Albert :  les apocalypses et la question du  « monde entier » (discutant, Alain Caillé, Benjamin Fernandez)

Soirée, Michel Boccara : Autosociologie : Thésée, héros du labyrinthe de la société-monde (discutants : Xiaoxi  Xiao, Denis Duclos)

Journée 3 (le Mercredi 29 Juin)

Matinée, Djallal Heuzé : Mondialisation des religions et affrontement politique. Discutant  : Régis Airault)

Après-Midi, Benjamin Fernandez : le temps du monde (discutant : Régis Airault. )

Soirée : Xiaoxi Xiao : la psychanalyse et la Chine ; la Chine et les sciences humaines. (discutants  Djallal Heuzé, Denis Duclos)

 

Journée 4 (le Jeudi 30 Juin) : 

Discussion sur l’avenir possible de la thématique de la « société-monde ».

 

Les intervenants :

 

                                   Régis Airault, psychiatre et écrivain à Paris, auteur d’ouvrages portant notamment sur  les pathologies du voyage.

                                  Jean Pierre Albert : anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS, directeur du CAS, directeur adjoint du LISST, notamment auteur de recherches sur le christianisme latin.

                                  Niels Beckenbach, sociologue, professeur à l’université de Kassel, auteur de travaux sur la culture technique et sur la société est-allemande.

                                 Michel Boccara : anthropologue, CR CNRS (CAS-LISST), auteur de nombreux ouvrages sur la culture Maya du Yucatan.

                                  Alain Caillé : sociologue-anthropologue, professeur de sociologie  à l’université de Paris X Nanterre, fondateur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS) et directeur de la  revue du MAUSS . Auteur de travaux notamment sur l’anti-utilitarisme, la théorie du don et la démocratie.                

                                   Alexandre Duclos : sociologue, diplômé de sciences politiques et docteur en philosophie, conduit une recherche sur les Roms. Auteur d’ouvrages sur le cosmopolitisme moderne.

                                  Denis Duclos : sociologue-anthropologue, DR CNRS (CAS-LISST), auteur d’ouvrages sur le risque technologique et sur les « peurs de société ».

                                  Benjamin Fernandez, philosophe, docteur en sociologie, professeur de philosophie au lycée français de New York, auteur d’une thèse sur « le temps du monde » (Paris I Sorbonne, Férier 2011)

                                  Fabrice Flipo :  maître de conférences en philosophie à l’institut national des télécommunications, chercheur à l’ETOS.  A publié de nombreux ouvrages sur la crise écologique, le développement durable et les T.I.C.

                                 Djallal Heuzé : anthropologue,indianiste, DR CNRS (CAS-LISST), auteur de recherches sur l’inde contemporaine, les mouvements sociaux et nationalistes.

                                 Berthe Elise Lolo, psychiatre à Douala (Cameroun) et Prémontré (France), docteure en anthropologie psychanalytique, auteure d’ouvrages sur la classification des maladies mentales.

                                  Yoann Morvan, docteur en urbanisme de l’institut d’urbanisme de Paris,  chercheur à l’IFEA (institut français d’études anatoliennes), auteur de travaux sur la géographie sociale du commerce et de la consommation, le marketing urbain et la socio-anthropologie de l’échange

                         

                                Xiaoxi Xiao, psychanalyste, doctorante au CRPMS (Paris VII) sur le fétichisme, le fantasme et le lien social : une étude d’anthropologie psychanalytique dans le contexte de la Chine .

                                  

 

 

-Premières impressions après le séminaire.

 

Chers amis, merci d’avoir participé au séminaire. Dès avant de m’atteler (avec d’autres) à un compte-rendu plus détaillé (et plus objectif), permettez-moi de réagir à chaud, ne serait-ce que pour encourager une suite épistolaire à notre échange sur place.

J’ai trouvé personnellement que la formule ouvrait des perspectives mais était encore –comme on le dirait d’une formule de carburant expérimental-  assez instable. En d’autres termes, elle a permis un fort engagement personnel, des interventions riches (presque trop), une passion rare dans la discussion, toutes choses que l’on rencontre peu dans les formes institutionnelles classiques.  En revanche, le « racourcissement » de la durée prévue a eu des effets négatifs : on a retrouvé la « presse » des intervenants en colloque ordinaire, condition pour que tous puissent passer à la barre dès lors que certains devaient partir avant.  S’il y a une prochaine fois, je m’en  tiendrai donc au principe de la « semaine » (sans aller jusqu’à la décade de Cerisy), avec une pleine matinée par personne, ainsi qu’à celui des discutants, qui permet de faciliter les connaissances réciproques. Bref, il y a eu trop de pression dans le carburateur collectif.

Par ailleurs, ceci découlant en partie de cela, nous avons juxtaposé les exposés sans discussion explicite des thèmes et idées de chacun. Je ne le regrette pas  vraiment parce qu’il faut toujours du temps pour que se trouvent les débats sous-jacents.  D’autre part les difficultés à communiquer reflètent aussi des problèmes de fond, et prennent sens, pourvu qu’on y revienne.

Ainsi, en premier lieu, peut-on apercevoir une sorte de mouvement centrifuge général par rapport au thème de la « société-monde », et cela même est significatif.  Fabrice Flipo, Benjamin Fernandez  et Alain Caillé ne l’ont pas évité à proprement parler, puisque pour eux, la réalité du fait semble plutôt évidente (et donc indiscutable). Ils sont plutôt passés d’emblée à la question des « choses à faire », et surtout à l’aspect politique de l’affaire, notamment autour de l’urgence du choix de la « bannière ». Pour résumer à coups de serpe, nous sommes invités à nous engager soit dans l’écologie politique, soit dans le « convivialisme », soit encore dans une philosophie humaniste luttant contre le « présentisme » et la synchronisation des temps mondialitaires. Ces options ne sont pas absolument contradictoires, mais illustrent bien les polarités qui se dessinent en vraie grandeur. Par exemple, il est clair pour moi que le convivialisme et l’écologie politique représentent des pôles distincts, le premier insistant sur les conséquences nécessaires de la décroissance (volontaire ou subie) tandis que le second reste intéressé (voire fasciné)  par la solution techno-scientifique (j’entends déjà l’interessé me contester vivement !) . Des convergences sont possibles dans le registre social. De mon point de vue, le problème de la « bannière » est important mais butte sur le fait que le peuple susceptible de se réunir derrière des mots d’ordre au fond totalement « révolutionnaires » n’existe pas encore vraiment.

Le peuple des militants et des experts  (les uns étant souvent les autres) ne suffit évidemment pas, mais un vrai peuple est caractérisé par des pratiques quotidiennes, lesquelles sont encore très minoritaires.  D’autre part, et cela rejoint ma préoccupation sur la pluralité comme solution de fond aux pathologies de la société-monde, nous sommes avertis que la meilleure idéologie du monde n’évite les catastrophes que si elle rencontre son antagonique et les médiations qui en découlent. Or il se manifeste ici un paradoxe : comment peut-on à la fois adhérer à un ensemble d’idées (écolo-conviviales)  et faire en sorte que cet ensemble puisse être modéré par d’autres, auxquelles on n’adhère pas ?  Je m’explique : a posteriori, la période de « guerre froide » (qui était plutôt une grande paix) a été due au fait que ni les Etats-Unis ni l’URSS ne pouvaient complètement  dicter leur loi au monde. Et pourtant, en vivant à cette époque, il était difficile de ne pas choisir entre communisme et libéralisme (ou pour leurs médiations comme le socialisme suédois ou le mouvement des non alignés). Même problème  aujourd’hui :  si l’on admet que l’écologisme convivialiste est la seule vraie alternative au technochrématistique, comment, en même temps, penser que le but n’est pas la destruction totale de ce dernier, mais de parvenir à un équilibre avec le premier ? (et cette fois sans équilibre de la terreur).

Je vous laisse méditer sur ce paradoxe. Il n’est pas futile, même au stade très précoce où nous en sommes, ne serait-ce que parce que la pluralité comme but  rendrait plus difficile la répression qui va s’abattre un jour ou l’autre en défensive du « système ».   Tout cela pour vous dire que je pense réellement liées les questions du « choix de la bannière » et celle de la pluralité, d’autant plus qu’un monde admettant plus d’autonomie voire d’autarcie optimale ne saurait être unifié sous une seule bannière.

Ensuite, d’autres participants ont carrément récusé le thème de la société-monde, soit (comme Djallal Heuzé) en soulignant que pour quelques milliards d’êtres humains il n’existait pas, subsumé qu’il était dans la relation directe entre l’homme-île et le cosmos, soit (comme Jean Pierre Albert), que le « monde entier » était essentiellement une idée eschatologique –qui, dans le passé encore récent- sous-tend des réactions agressives et des quêtes de bouc émissaires. Mais (pour Djallal) la cosmologie traditionnelle ne va-t-elle pas s’effondrer avec l’ouverture au marché-monde ?Et (pour Jean Pierre)  ne faut-il pas distinguer les problèmes réels de la mondialité actuelle, et les symptômes qu’ils induisent, toujours en s’occultant eux-mêmes ? Alexandre Duclos, quant à lui, a ramené le cosmopolitisme aux micro-mondes des fréquentations. Oui, mais sur quelles bases se forment ces fréquentations ?  Sont-elles seulement des bricolages locaux ou reposent-elles aussi sur des grandes formes d’aliénation ? Pour les « Psy », la société-monde disparaît sous d’autres préoccupations : pour Régis Airault, elle ressemble surtout au choc des cultures, au moment où la psychiatrie moderne prend pied dans les poussières d’empire, et tente encore –incorrigiblement- d’éradiquer toute différence ; pour Berthe Lolo, ce choc a déjà eu lieu et la rencontre avec les « tradipraticiens » est biaisée par l’oubli de l’esclavage et du complexe du « membre fantôme » zombifiant la culture africaine ou sa réplication créole.  Cet oubli finit par atteindre l’Occident lui-même au moment où ses errements le confrontent à la crise et à la mort. Quant à Xiaoxi Xiao, elle essaie désespérément de nous convaincre que tous les « ismes » (chinois ou occidentaux) n’ont aucun effet sur la façon dont la singularité humaine rencontre les questions du désir (le phallus), de l’amour (de transfert, parmi d’autres) et celle de la mort –même portées différemment par les signifiants locaux-, et que la psychanalyse porte décidément un message universel par excellence : celui du Singulier (toujours associé au Familier et à ses symboles).

Deux femmes, d’ailleurs, refusant d’être limitées au rôle de représentantes de leurs cultures collectives d’origine, ce qui pose aussi un problème : l’exotisme –dût-il rendre fous les patients de Régis Airault- n’est-il pas un aspect essentiel de l’esprit de mondialisation (weltgeist ?: qu’en pense Niels Beckenbach ?).

Quant à Michel Boccara, l’anthropologue gargantuesque, dévorant les séminaires comme du caviar sur la biscotte de la vie, il nous dit qu’il suffit de faire de soi-même un monde (autosociologie) pour trouver la sortie du labyrinthe au temps T zéro, ne tenant qu’à nous de remettre les compteurs au départ. Trialthoniste de l’expérience sociale, il démontre comme les Saints (avec ou sans stigmates) qu’il peut incarner la liberté d’être à la fois familier, sociétal et culturel. Cette surhominisation peut intimider –parce que l’immense majorité des hommes ne sont pas en position d’affirmer le début d’une telle liberté de « se » choisir »), mais Boccara sait nous rassurer. Par ailleurs, pour qui sait l’écouter sans trop avoir peur de la poésie du gai savoir, il nous propose des hypothèses passionnantes sur les rapports des commencements à l’actuelle situation. Ses théories sans concession  sur les parts animale, végétale et minérale de l’Homme ne sont pas confuses ni stupides loin de là, même si l’on peut contester parfois la difficulté (seulement apparente, d’après moi) à les discuter popperiennement.

Quant à Yoann Morvan, sa discrétion n’a pas manqué de faire également sens : n’étions-nous pas trop bavards, et sans avoir assez lu ? Ne négligions-nous pas de tenir compte de la simple réalité actuelle de l’universelle urbanisation ?

On dira que je n’avais pas choisi les participants les plus experts ou les plus représentatifs, que le mode affectif n’est pas la vraie philia (dûement réfrigérée et institutionnalisée). Je crois au contraire que l’amitié –toujours au risque de se changer en haine- est le meilleur ferment pour la recherche de la vérité, (si éparpillée en sciences humaines). Je ferai aussi remarquer que cette amitié n’est pas née au hasard, mais essentiellement des rapports créés par le symbolisme de la vieille université (doctorats, pairs) et dans la passion commune de la vie intellectuelle et de la recherche. Ce qui est aussi évité en commun, c’est cette fossilisation progressive et sans répit de la vitalité mentale et morale dans l’institution technocratisée. Un pari certes risqué.

Ce commentaire n’engage évidemment que moi, visant aussi à induire –par ses jugements abrupts- des réponses et des corrections. Mais pour tout dire, la discussion (parfois implicite, certes) entre les positions tenues  (politique, épistémologique, thérapeutique, pratique et éthique) m’a finalement paru d’une cohérence dans le questionnement  beaucoup plus forte, directe et intense que dans la plupart des rencontres académiques normalisées.

 

Denis Duclos

Réponses :

 

Oui, cher Denis

C’est dommage que certains aient été obligés de partir trop vite, moi notamment. Il faudra peut-être vérifier la prochaine fois que la période n’est pas trop chargée. En tout cas, merci d’avoir pris cette initiative. C’était en effet sympathique et tout sauf académique ennuyeux. A renouveler.

Amicalement à tous

 

Alain Caillé

 

 

Salut Denis,
merci pour ce compte rendu qui reprend assez bien les perspectives esquissées.
Pour ma part mon scepticisme, pas si discret que cela malgré tout,
même si la discrétion me sied plutôt bien car c’est le préalable à une modestie sans complaisance,
m’amène davantage du coté de Djallal et de Jean Pierre que du versant à visée plus politique, au sens large.
Je ne nie évidemment pas le politique comme tel mais m’en méfie, il n’est qu’une variable assez infinitésimale
comparée au rouleau compresseur des modes de vie (globalisés ?).
Au plaisir de nouveaux échanges …
A bientôt,
amitiés,
Yoann

 

Merci Denis, c’était très stimulant, et très drôle aussi.

Amitiés,

Benjamin


> De : « Fabrice Flipo »
> A : « Denis DUCLOS »
> Copie à : alexandre.duclos@aliceadsl.fr, yoannmorvan@yahoo.com, xiaoxix3@hotmail.com, sublimalo@yahoo.fr, albert@ehess.fr, benjfz@hotmail.com, djallal.heuze@wanadoo.fr, Mauss1981@aol.com, regisairault@gmail.com, michel.boccara0351@orange.fr


> Les participants au séminaire se sont mis d’accord pour mettre en
> place un site web autour de la société-monde, la mise en ? Oeuvre
> concrète étant confiée à Duclos père et fils.
>
> Les thèmes qui ont retenu l?attention collective pour une rencontre
> ultérieure sont semble-t-il les deux suivants : l?autonomie et
> l?émancipation (je ne suis plus sûr, voilà ce que c?est d?attendre).
>
> Régis Airault et Michel Boccara ont accepté d’organiser la prochaine
> rencontre, quelque part en Bourgogne peut-être, dans un château
 !
>

>
> Pour ce qui est du commentaire de Denis, deux choses. D’abord je ne
> crois pas que l’écologisme dise réellement autre chose que le
> convivialisme (ou plutôt l’inverse), si le convivialisme proposé prend
> au sérieux la question de l’universalité, ensuite je ne vois pas
> forcément ni précisément ce que Denis dit de différent des deux
> premiers, tout dépend de l’interprétation qu’on fait des ambiguïtés
> résiduelles dans ses textes. La société-monde est le résultat des
> coopérations conflictuelles à l’échelle du monde, c’est un constat. Ce
> qu?on voit c’est une unidimensionnalisation du monde, qui signifie
> aussi une mondialisation des mondes. L’urbanisation en fait évidemment
> partie. Le problème est que cette unidimensionnalisation n?est pas
> souhaitable, pour de multiples raisons. Reste à savoir quoi faire à la
> place. A partir de ce constat on peut choisir de « relocaliser » les
> enjeux, autrement dit ne pas agir à l’échelle du monde en tant que
> telle. On n’est pas hors monde (global) pour autant : il restera de
> toute manière les problèmes de frontière ? ainsi par exemple c?est le
> reste du monde qui nous reproche ou au moins nous interpelle sur nos
> émissions de gaz à effet de serre, sur nos barrières douanières, sur
> le passé colonial et l’histoire. On peut bien se retirer dans son
> jardin, les autres viennent à nous. Et l’interpellation fait monde, on
> peut bien distinguer 4 ou 6 peuples, ça ne change pas ce constat-là.
> Où veut-on en venir exactement ? Dans The end of nature, best-seller
> des années 80, Bill McKibben explique que la fin de la nature, c’est
> l’impossibilité de trouver des endroits où l’on peut se retirer sans
> être confronté à des interpellations humaines. L’impossibilité de se
> retirer du monde. Tout devient l?objet de controverse. Il me semble en
> effet que c’est là, en soi, un problème important. Le recours à la
> nature c’est le recours à l’indéterminé, au vivant, imprévisible, sur
> un fond de lourdes régulations prévisibles et indépendantes d’un Etat
> mondial. Moins il y aura de nature, d’une certaine manière, plus il y
> aura d’Etat, c’est ce que le mouvement écolo a très bien vu, depuis le
> début. Je ne crois pas que nous soyons en désaccord là-dessus, ce que
> je ne vois pas c’est ce qu’ajoute de plus « la pluralité ». Ne
> devrions-nous pas, plus que de chercher ce qui nous divise, par amour
> du désaccord et de la pluralité peut-être, essayer de pluraliser la
> technochrématistique, qui est à mon avis le seul ordre
> « unidimensionnel » qui soit réellement menaçant ? McKibben demande :
> nous sommes capables de changer le climat, sommes-nous capables de ne
> pas le changer ? Voilà une bonne question. Sommes-nous capables
> d’arrêter les progrès continus et journaliers de la
> techno-chrématistique ? On peut toujours écrire que « oui », ça n’est
> qu’un écrit.
>

Réponse de Denis  au commentaire de Fabrice sur son commentaire :

Se retirer du monde humain dans la nature (déterminée politiquement comme absence d’activité humaine technicisée) est effectivement l’une des aspirations humaines. Mc Kibben n’est pas seul (potentiellement !)

Mais il ne s’agit pas d’abord de cela dans la pluralité politique, qui est au contraire prise en compte de la rencontre « au sommet », au plan de la « clef de voûte » que représente la société-monde, au plan d’un champ géo-conversationnel à construire. C’est là que les tendance profondes, anthropologiques, doivent et peuvent se confronter et négocier des territoires ou des espaces-temps mondiaux (dont celui de l’affrontement singulier avec la nature). Il me semble que les options légèrement différentes dans la galaxie écolo entre l’insistance sur la sobriété, et celle sur la solution technique « propre » doivent aussi négocier entre elles, mais c’est plus simple dans un cadre général où la pluralité est reconnue comme principe anthropologique. J’admets qu’elles peuvent converger sans difficultés excessives (mais, ayant vu certains fous de technique hanter les lieux écolo ou antiinucléaires, je me demande si on a assez pris en compte la possibilité d’une fracture dans l’avenir entre techno-écolos et anti-croissantistes).
La pluralité est un but et un moyen : elle  est essentielle à la fois comme principe de respect de l’autre (qu’on ne pourra jamais ramener à sa propre bannière : il vaut mieux le savoir d’avance), comme effet d’autolimitation « automatique » (par simple arrêt de sa passion par celle des autres, élargissement du principe de Montesquieu au plan anthroplogique), et comme pragmatisme stratégique (pour une alliance bien constituée). Toute la difficulté est de la situer : d’après moi, elle concerne surtout les grandes dimensions mondialisées, comme la Nature (à préserver contre nous tous), la Ville (généralisée), la Technochrématistique (qu’on ne va pas exterminer), le Familier (son jardin, son école, son réseau et son village), la culture (à reconstruire hors multimédias, et pour une part  avec eux).  Chacune de ces dimensions existe comme passion irréductible aux autres et au plan mondial. Elles représentent aussi des nécessités humaines (on est d’accord avec Fabrice là dessus).
Maintenant, sur le plan tactique, il ne ‘agit pas d’insister sur les différends, mais de commencer à exister soi-même (pour mieux savoir comment être avec les autres) surtout à partir de la dimension (ou les dimensions) sur laquelle nous ne ferions aucune concession en fin de compte. C’est à partir de cette formation de « peuples » (pratiques et identités non plus liées seulement à des nationalismes en déshérence progressive, mais à un « choix » dimensionnel de prédilection, pour une période de la vie, tout en reconnaissant les autres comme également importants pour soi dans d’autres circonstances), que la politique anti-système prendra progressivement de la force. Or nous ne pouvons pas tous choisir la même dimension de résistance et de changement. Il n’y aura jamais un seul peuple « écolo », mais nous croirons obligatoirement que le peuple pour y être plus présents que nous choisirons est unique (ce qui est d’ailleurs un peu paradoxal).  Je suis très favorable à l’expression d’idées, de motifs, de bannières, et sensible à l’argument de l’urgence en situation de crise irréversible. Mais je maintiens que notre petit monde d’experts et de militants (souvent eux-mêmes issus des milieux enseignants, intellos et artistes) ne suffira absolument pas à engager un mouvement réel. Dans un bouquin collectif déjà vieux d’une décennie, j’ai cru pointer une sorte de piétinement, de bégaiement, ce qui témoigne en fait d’une résistance farouche et généralisée, se traduisant d’ailleurs par les faibles scores de l’écologie politique. Pour le moment, et encore en période de vaches grasses (même bouffées par la dette), les pouvoirs font risette et diversion. Mais dans un autre travail plus ancien, j’avais assisté en direct à la liquidation systématique de l’écologisme par l’establishment américain : encore cela s’est-il passé très discrètement (bien qu’avec une résolution intangible). Je suis peut être pessimiste, mais je prévois qu’en cas d’aggravation brutale (effondrement financier des Etats, renchérissement éclair de l’énergie et de l’alimentation), nous connaîtrons tous le sort des « printemps arabes »… à moins que des rapports de force paisibles soient déjà présents un peu partout en faveur des fins de dette, des autonomies (à toute échelle, pas seulement celle du jardin), des déconnexions (ce qui ne veut pas dire désaffilations), des constructions d’autres façons d’être soi. C’est un travail de long terme, mais n’oublions pas qu’en se pressant derrière la bannière rouge du marxisme messianique (et de ses permanents salariés bientôt changés naturellement en bureaucrates policiers), on a tout de même largement déconné. Qu’est ce qui nous prouve que les salariés de nos ONG et autres associations écolos ne suivront pas le même chemin, alors qu’on note déjà partout des frictions entre les bases et les permanents ? Et Fabrice, n’oublie pas aussi que, pendant ce qu’on a appelé la guerre froide (qui était plutôt une paix chaude), c’est seulement parce que les deux maîtres de l’époque se faisaient équilibre (pluralité forcée et minimale) que nous ne nous sommes pas faits sauter la planète !
La différence entre cette pluralité forcée et celle que j’envisage, c’est que nous serions capables (en progressant sur notre état civilisé) d’admettre que l’autre a aussi des droits à exister, même si nous mettons tous nos efforts à aménager notre monde de prédilection. Par exemple, en ce moment, je privilégie le Familier -y compris par rapport à la Nature-, et me bats pour le faire exister en faisant reculer les empiètements divers du système, mais cela ne veut pas dire que la Nature m’indiffère. C’est une question de priorité : comment les enfants vont-ils pouvoir grandir avec leurs copains sans être avalés par la machine consumériste ?
Et donc comment – entouré de quels appuis, de quelles affections et de quelles approbations- vais-je pouvoir prendre le temps de leur faire aimer les vraies plantes et les vrais animaux plutôt que leur symbolisation numérique ?
‘(et bien par exemple, il y a un quartier de Jérusalem où les gens font des jardins urbains, ouverts à tout le monde, et où ils ont invité les mômes à faire pousser leurs propres plants : ok… Comment concilier cet idyllisme avec la situation politique générale ? Et aussi avec la quotidienneté du salariat et du système scolaire ?  Qui ne voit qu’il faudra plusieurs générations acharnées  pour aller au delà d’une bobo-itude bien intentionnée ?)

(discussion à suivre : elle est intégralement disponible à l’écoute dans les documents sonores)

 



affiche du séminaire de juin 2011

Séminaire :

 « La société-monde est-elle possible ? »

CAS-LISST/CNRS/EHESS/Association « Entreprendre et Comprendre »/SGAP.

Lieu dit « Les Begués », 82600 Comberouger, 27-30 juin 2011

(Pour s’inscrire aux journées : s’adresser à Denis Duclos : 06.37 47 69 91 Ou : duclos.denis@wanadoo.fr)

Programme :

 

Journée 1 (le Lundi 27 Juin 2012)

Matinée, Denis Duclos : au-delà de la société du risque, la planète Pluralité.  (discutants : Michel Boccara ; Fabrice Flipo).

Après-midi (partie 1), Alain Caillé : l’anthropologie et la préservation du monde (discutants : Jean Pierre Albert,  Denis Duclos)

Après-midi (Partie 2),  Alexandre Duclos : les mondes communs (discutant: Benjamin Fernandez, Djallal Heuzé)   

Soirée : Régis Airault : psychiatrie tropicale, psychiatrie mondiale…  (discutante :  Mme Berthe Lolo)

Journée 2 (le Mardi 28 Juin)

Matinée,  Fabrice Flipo : la société-monde : de l’organisation du travail à l’habiter socio-politique (discutant : Yoann Morvan, Benjamin Fernandez)

Après-Midi,  Jean Pierre Albert :  les apocalypses et la question du  « monde entier » (discutant, Alain Caillé, Benjamin Fernandez)

Soirée, Michel Boccara : Autosociologie : Thésée, héros du labyrinthe de la société-monde (discutants : Xiaoxi  Xiao, Denis Duclos)

Journée 3 (le Mercredi 29 Juin)

Matinée, Djallal Heuzé : Mondialisation des religions et affrontement politique. Discutant  : Régis Airault)

Après-Midi, Benjamin Fernandez : le temps du monde (discutant : Régis Airault. )

Soirée : Xiaoxi Xiao : la psychanalyse et la Chine ; la Chine et les sciences humaines. (discutants  Djallal Heuzé, Denis Duclos)

 

Journée 4 (le Jeudi 30 Juin) : 

Discussion sur l’avenir possible de la thématique de la « société-monde ».

 

Les intervenants :

 

                                   Régis Airault, psychiatre et écrivain à Paris, auteur d’ouvrages portant notamment sur  les pathologies du voyage.

                                  Jean Pierre Albert : anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS, directeur du CAS, directeur adjoint du LISST, notamment auteur de recherches sur le christianisme latin.

                                  Niels Beckenbach, sociologue, professeur à l’université de Kassel, auteur de travaux sur la culture technique et sur la société est-allemande.

                                 Michel Boccara : anthropologue, CR CNRS (CAS-LISST), auteur de nombreux ouvrages sur la culture Maya du Yucatan.

                                  Alain Caillé : sociologue-anthropologue, professeur de sociologie  à l’université de Paris X Nanterre, fondateur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS) et directeur de la  revue du MAUSS . Auteur de travaux notamment sur l’anti-utilitarisme, la théorie du don et la démocratie.                

                                   Alexandre Duclos : sociologue, diplômé de sciences politiques et docteur en philosophie, conduit une recherche sur les Roms. Auteur d’ouvrages sur le cosmopolitisme moderne.

                                  Denis Duclos : sociologue-anthropologue, DR CNRS (CAS-LISST), auteur d’ouvrages sur le risque technologique et sur les « peurs de société ».

                                  Benjamin Fernandez, philosophe, docteur en sociologie, professeur de philosophie au lycée français de New York, auteur d’une thèse sur « le temps du monde » (Paris I Sorbonne, Férier 2011)

                                  Fabrice Flipo :  maître de conférences en philosophie à l’institut national des télécommunications, chercheur à l’ETOS.  A publié de nombreux ouvrages sur la crise écologique, le développement durable et les T.I.C.

                                 Djallal Heuzé : anthropologue,indianiste, DR CNRS (CAS-LISST), auteur de recherches sur l’inde contemporaine, les mouvements sociaux et nationalistes.

                                 Berthe Elise Lolo, psychiatre à Douala (Cameroun) et Prémontré (France), docteure en anthropologie psychanalytique, auteure d’ouvrages sur la classification des maladies mentales.

                                  Yoann Morvan, docteur en urbanisme de l’institut d’urbanisme de Paris,  chercheur à l’IFEA (institut français d’études anatoliennes), auteur de travaux sur la géographie sociale du commerce et de la consommation, le marketing urbain et la socio-anthropologie de l’échange

                        

                                Xiaoxi Xiao, psychanalyste, doctorante au CRPMS (Paris VII) sur le fétichisme, le fantasme et le lien social : une étude d’anthropologie psychanalytique dans le contexte de la Chine .

                                  

 

 

 

Convivialité, intendance :  nous nous autofinançons (pas seulement à cause de la pénurie, mais aussi par principe) ; ce qui donne en première approximation : une participation de 100 euros en moyenne (80 pour les étudiants, 120 pour les « riches » -même fauchés-), et en plus, on participe à la cuisine ! 

(virement sur l’ iban suivant : IBAN (International Bank Account Number) BIC (Bank Identifier Code)

FR76 3056 8199 2000 0242 1310 184 CMCIFRPP

Titulaire du compte (Account Owner)

MME VALERIE JACQ-DUCLOS

13 RUE HAUTE

21150 SEIGNY

Domiciliation

Banque Transatlantique, 26, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris)

 

Si vous pouvez vous faire rembourser, l’association co-invitante peut recevoir une facture. Dans ce cas, à réception de la facture (ou en utilisant le modèle ci-dessous), adressez votre virement à l’adresse RIB suivante : Entreprendre et comprendre, Crédit Agricole Ile de France: 18206 / 00280 / 60251888511 / 79

Pour les personnes ne participant qu’à une journée : 40 euros. (règlement sur place).

 

 

La plupart des participants ont prévu de dormlr à la maison, mais une 1 chambre encore  disponible est réservée à Lou Pitchou Bosc (3 épis gîte de France, 82600)., Savenès, Tel : 05 63 64 31 75 / Fax : 05 63 64 46 75 / Portable : 06 63 22 33 05 – 06 77 42 51 07
info@lou-pitchou-bosc.com 

 



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